Être bénéficiaire du RSA ne dit presque rien d’une situation. Derrière cette catégorie administrative, les situations rencontrées invitent à regarder les trajectoires à partir des conditions concrètes dans lesquelles elles s’inscrivent.
Une situation accompagnée sur le territoire de l’Ouest Vosgien en offre une illustration.
La personne vit seule, dans un logement social, avec un handicap reconnu et une histoire de vie marquée par un accident ancien aux conséquences durables. Sur le plan administratif et institutionnel, les droits sont ouverts. Les dispositifs existent. S’ils constituent un cadre, ils ne se traduisent pas nécessairement, dans le quotidien, par des changements immédiatement perceptibles.
La situation s’inscrit dans une configuration de contraintes très concrètes. Une mobilité réduite, un habitat peu connecté aux lieux de sociabilité, l’absence de réseaux relationnels, ainsi que des expériences antérieures de mise à l’écart structurent le rapport aux espaces collectifs. Le quotidien s’organise en grande partie autour de la gestion du nécessaire, laissant peu de place à d’autres possibles.
L’accompagnement s’est construit à partir de cette configuration. Il a d’abord porté sur l’environnement immédiat : repérage de lieux accessibles, ajustement des temporalités, sécurisation des premiers déplacements, présence professionnelle à certains moments clés. La matérialité de l’intervention est ici centrale : lieux, horaires, régularité, médiations concrètes, supports partagés.
Avec le temps, l’inscription dans des temps collectifs choisis et préparés modifie certains équilibres. La présence devient plus régulière, la parole circule autrement, les manières d’être dans ces espaces se transforment. Des déplacements discrets, mais structurants.
Dans ce contexte, certaines perspectives deviennent envisageables. La stabilisation des rythmes et l’inscription dans des espaces partagés permettent d’ouvrir la question d’une participation citoyenne, pensée comme une étape intermédiaire du parcours.
En lien avec un équipement culturel du territoire, une mission de bénévolat a été construite autour de tâches identifiées, sur des temps définis et dans un cadre explicite, élaboré conjointement pour sécuriser cette nouvelle étape. Une évaluation partagée est prévue à l’issue des premières semaines, afin d’ajuster les modalités et d’envisager la suite à partir de l’expérience vécue.
Cette situation donne à voir ce que recouvre concrètement l’accompagnement BRSA : un travail attentif aux conditions de vie, aux rythmes et aux configurations dans lesquelles les personnes évoluent, ainsi qu’aux perspectives qui peuvent s’y dessiner progressivement.
Avec le soutien du Département des Vosges et du FSE+, ADALI Habitat intervient en milieu rural, au plus près des réalités vécues, en travaillant à partir des situations.
